Lors des assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, organisées à Washington à la mi-avril, Dakar a été au centre des discussions.

Face à la dette publique du Sénégal, estimée à 132% du PIB, la Banque africaine de développement (BAD), dirigée par le Mauritanien Sidi Ould Tah, multiplie les initiatives pour soulager Dakar. Bien qu’elle ait suspendu ses décaissements fin avril 2025, la BAD aide les autorités à restructurer leur dette, notamment en excluant les prêts non décaissés du calcul de la dette extérieure, en élargissant l’accès aux fonds concessionnels et en cherchant des garanties pro bono via des tiers.

En parallèle, Sidi Ould Tah et Serge Ekué (président de la BOAD) ont œuvré pour éviter une restructuration imposée par le FMI. En novembre 2025, ils ont créé un fonds adossé aux infrastructures sénégalaises, puis en janvier 2026, la BOAD a acheté près de 300 millions de dollars de titres de dette sénégalaise. Le duo a également approché des pays du Golfe (Koweït, Émirats arabes unis) pour mobiliser des fonds, mais les Émirats ont exigé une garantie souveraine.
La France, sollicitée pour fournir cette garantie, a refusé, invoquant une capacité d’exposition épuisée. Depuis le déclenchement d’un conflit israélo-américain contre l’Iran en février 2026, les pétromonarchies réduisent leurs investissements extérieurs, compromettant les espoirs sénégalais. Dakar a besoin de 2 à 3 milliards de dollars par an pour éviter une restructuration, dans un contexte de hausse des prix des hydrocarbures.
Avec Africa Intelligence

