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Politiques fiscales sensibles au climat : l’ACBF renforce les capacités des acteurs de huit pays africains à Lomé

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Du 9 au 13 février 2026, Lomé devient le carrefour d’une réflexion vitale pour le continent : comment construire des finances publiques résilientes face à l’urgence climatique ? Sur l’initiative de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), des hauts cadres des finances et des administrations fiscales de huit pays africains se réunissent pour un atelier de formation sur les politiques fiscales « sensibles au climat ».

MIXX PARFAIT

 

Le défi est de taille. L’Afrique, bien que contribuant à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. Sécheresses, inondations… Ces chocs pourraient coûter à certains pays jusqu’à 15 % de leur PIB d’ici 2030. Dans le même temps, les États africains doivent composer avec des budgets souvent limités, où les recettes fiscales représentent en moyenne seulement 15 % du PIB, en deçà du seuil nécessaire pour financer des politiques publiques ambitieuses.

C’est face à cette double contrainte (climatique et budgétaire) que l’atelier de Lomé explore une piste prometteuse : faire de la fiscalité un levier pour la transition écologique et pour mobiliser des ressources locales. Organisé avec le Forum des Administrations Fiscales de l’Afrique de l’Ouest (FAFOA), cet atelier vise à outiller les participants pour intégrer les enjeux du climat dans la conception des politiques fiscales.

 

Pendant cinq jours, des experts du Togo, de République centrafricaine, de République démocratique du Congo, du Malawi, de Mauritanie, de Gambie, du Rwanda et d’Ouganda échangeront sur les meilleures pratiques. L’objectif est d’imaginer des outils fiscaux qui protègent l’environnement tout en consolidant les finances nationales.

 

FETAPH

Cet atelier s’inscrit dans un projet plus large (CADAST) porté par l’ACBF avec l’appui de la Banque africaine de développement, visant à accompagner les gouvernements africains vers des politiques économiques vertes et fondées sur des données tangibles.

 

Une impulsion politique forte au Togo

 

Ouvrant les travaux, Mme Akou Mawussé ADETOU-AFIDENYIGBA, Directrice de Cabinet du ministère de l’Économie et du Budget, a souligné l’importance de cette initiative pour son pays. Elle a rappelé l’engagement du Togo, sous l’impulsion du Président Faure Essozimna Gnassingbé, dans des réformes pour mobiliser davantage de ressources nationales, moderniser le système fiscal et l’aligner sur les objectifs de développement durable et de résilience climatique.

 

« La fiscalité peut jouer un rôle clé, a-t-elle expliqué. Que ce soit en intégrant des critères climatiques dans la taxation des secteurs économiques, en adaptant les incitations pour attirer les investissements verts, ou en mieux articulant la fiscalité, le budget et les politiques climatiques. » Elle a mis en avant le potentiel des « taxes vertes » pour encourager une production plus propre, réduire les émissions et dégager des ressources spécifiquement dédiées à l’adaptation aux effets du climat.

 

Plus qu’une simple formation, l’atelier de Lomé se veut une plateforme de partage d’expériences et d’innovations. L’ambition est de faire émerger des recommandations concrètes, de renforcer durablement les administrations fiscales et de stimuler la coopération régionale. Autant de leviers indispensables pour aider l’Afrique à transformer ses vulnérabilités climatiques en opportunités de développement durable et de gouvernance renforcée.

8 Mars

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