
L’Église du Christianisme Céleste Siège du Togo (ECCT) salue les efforts du Conseil Supérieur de Transition (CST) du Bénin en faveur de la réunification des différentes tendances du christianisme céleste, mais marque de sérieuses réserves quant aux conclusions actuellement mises en avant. Dans une déclaration officielle datée du 6 décembre 2025 lue par le suprême évangéliste Rémi Afolabi, le synode togolais reconnaît les avancées enregistrées, tout en soulignant ce qu’il estime être des zones d’ombre à clarifier avant toute adhésion définitive.
L’ECCT rappelle avoir accueilli avec intérêt les travaux du CST, les points de presse successifs et l’ouverture affichée aux réformes. L’Église dit rester disposée à harmoniser rituels, grades et cantiques conformément aux orientations du fondateur. Cependant, elle estime que certaines préoccupations fondamentales (notamment celles qui avaient motivé sa rupture d’avec le siège de Porto-Novo) ne sont pas suffisamment prises en compte.
Le dossier sensible du pèlerinage occupe une place centrale. Pour l’ECCT, limiter les rassemblements annuels à Sèmè-Kpodji et Imeko n’est plus adapté à l’ampleur internationale de l’Église. Le synode défend un modèle décentralisé où chaque grand diocèse (du Togo à la Côte d’Ivoire, en passant par le Cameroun, la France ou l’Amérique du Nord) disposerait de son propre site de pèlerinage. L’Église invoque des raisons pratiques, économiques, mais aussi spirituelles : une communion authentique, selon elle, ne dépend pas d’un lieu unique, et des milliers de fidèles seraient davantage impliqués si les sites étaient plus accessibles. Les conditions difficiles vécues lors de précédents pèlerinages, notamment la promiscuité et l’insalubrité, sont mises en avant comme motifs urgents de réforme.

Un autre point jugé insuffisamment abordé, c’est la formation pastorale. L’ECCT plaide pour la création d’écoles de référence, anglophone et francophone, dotées de bibliothèques centrales, de curricula harmonisés et d’un véritable dispositif d’enseignement biblique obligatoire. Pour le synode, l’avenir de l’Église dépend de la qualité de sa formation spirituelle, de l’encadrement des jeunes et de la capacité à endiguer l’exode des fidèles vers d’autres confessions.
L’Église réclame également une attention accrue au bien-être matériel et social des ressortissants. Ateliers de gestion financière, entraide communautaire, partenariats d’appui, actions sociales organisées : autant d’initiatives que l’ECCT veut voir intégrées à la stratégie globale de réforme. Le synode insiste notamment sur la place des jeunes et des femmes, considérée comme déterminante pour la vitalité de l’institution.
Au regard de ces attentes, l’ECCT dit ne pas retrouver dans le plan du CST les garanties nécessaires pour s’engager pleinement. Elle appelle à éviter des décisions hâtives qui pourraient, selon elle, reproduire les dérives historiques du concile de Nicée, présenté comme exemple de réformes mal comprises par les fidèles.
L’Église togolaise réaffirme toutefois ne pas être hostile à l’unification. Elle prévient simplement qu’aucune réunification ne sera acceptée si elle ne répond pas à ses aspirations essentielles. Une mise au point qui fixe clairement les conditions d’un compromis durable, alors que le processus de transition entre dans une phase décisive.

