Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a officiellement lancé, ce lundi 17 août 2026, le projet « Organizing », une initiative de syndicalisation de grande envergure soutenue par l’Internationale des Services Publics (ISP) et le syndicat nord-américain SEIU. Objectif, mobiliser 5000 nouveaux adhérents d’ici 2028.


La cérémonie de lancement s’est tenue à Lomé en présence de la représentante du ministère de la Fonction publique, des partenaires internationaux et des points focaux du syndicat issus de toutes les régions du Togo. Ces derniers ont bénéficié, les 13 et 14 août, d’une formation intensive de deux jours sur les techniques de syndicalisation, les fondamentaux juridiques et les stratégies de mobilisation.
Lancé par le SYNPHOT avec l’appui financier et technique de l’ISP et du SEIU, le projet « Organizing » repose sur une approche novatrice. Il s’agit d’aller vers les travailleurs plutôt que d’attendre qu’ils viennent vers le syndicat. L’objectif est d’identifier, de sensibiliser et d’organiser collectivement les praticiens hospitaliers encore non syndiqués, en particulier les jeunes et les femmes, afin de renforcer durablement le pouvoir d’action du syndicat.

« Ce n’est plus les travailleurs qui viennent se faire syndiquer, c’est le syndicat qui va vers eux pour acquérir leur adhésion », a souligné Mme TOTO, représentante du ministère de la Fonction publique, rappelant que le droit syndical est consacré par la Constitution togolaise et le Code du travail de 2021.
Pour Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du SYNPHOT, ce projet répond à une urgence stratégique. « Le syndicalisme ouvrier traditionnel est mort. Nous devons nous adapter aux réalités du XXIe siècle en allant chercher les travailleurs là où ils se trouvent. Un syndicat qui ne renouvelle pas ses générations de militants s’affaiblit inexorablement », a-t-il déclaré.
Le projet s’inscrit dans une dynamique de renforcement du pouvoir collectif des travailleurs de la santé au Togo. À travers une campagne revendicative ambitieuse, le SYNPHOT entend peser davantage dans les négociations avec les autorités pour améliorer les conditions de travail et la qualité des services publics de santé.
Nicholas Allen, directeur du programme Global Organizing du SEIU, a salué la singularité du SYNPHOT, qui a su réunir depuis 2005 l’ensemble des professions du secteur de la santé dans un syndicat unitaire, des médecins chirurgiens aux agents d’assainissement.
« Le SYNPHOT peut être un modèle pour l’Afrique francophone, voire pour le monde entier », a-t-il estimé.
Pour atteindre l’objectif des 10 000 adhérents, le syndicat pourra s’appuyer sur une trentaine de points focaux formés et répartis sur l’ensemble du territoire national. Des outils numériques ont également été déployés pour faciliter le suivi des recrutements et la fidélisation des nouveaux membres.
« Ce n’est pas de la charité, c’est de la solidarité internationale. C’est par les cotisations de nos deux millions de membres que nous soutenons le SYNPHOT. Parce que nous savons qu’un syndicat seul, aussi fort soit-il, ne peut pas changer les choses dans un monde mondialisé », a poursuivi Nicholas Allen.
Ce projet, financé par l’ISP grâce au soutien initial du SEIU, s’inscrit dans une vision stratégique de renforcement du syndicalisme à l’échelle internationale. Pour le SYNPHOT, il s’agit d’une véritable « valeur ajoutée » qui permettra non seulement de doubler ses effectifs, mais aussi de former de nouveaux leaders, d’intégrer davantage les jeunes et les femmes dans les instances décisionnelles et de pérenniser le mouvement syndical dans le secteur de la santé.

