Action syndicale : à Madrid, Dr Gilbert Tsolenyanu appelle à un changement de paradigme
Des responsables syndicaux et des représentants du monde du travail étaient à Madrid en Espagne du 14 au 19 septembre, pour réfléchir à une réponse collective face aux mutations profondes qui touchent les services publics et les droits des travailleurs. C’était la conférence internationale intitulée « Public Services Fightback », organisée par Public Services International (PSI), en collaboration avec le gouvernement espagnol et la fondation Friedrich Ebert.


Les débats ont porté sur la montée des mouvements d’extrême droite, l’influence croissante des grandes fortunes et des géants technologiques sur les politiques publiques, ainsi que sur les difficultés rencontrées par les services publics et leurs agents. La capacité des syndicats à se réorganiser, à mobiliser et à tisser de nouvelles alliances a également été au cœur des échanges.
Parmi les invités figurait Dr Gilbert Tsolenyanu, responsable syndical togolais du secteur de la santé et secrétaire général du SYNPHOT. Invité par PSI et le gouvernement espagnol, il a participé à un panel aux côtés du ministre espagnol de la Transformation digitale et de la Fonction publique. Ensemble, ils ont discuté de l’avenir du travail face aux avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle, et de la nécessité de préserver des services publics de qualité.
Dr Tsolenyanu a appelé à un changement de paradigme dans l’action syndicale. Selon lui, les syndicats doivent revenir à leurs fondamentaux, notamment la négociation collective et la convention collective, et rompre avec l’individualisme.
« Le temps n’est plus à la résistance, mais à la riposte », a-t-il déclaré, invitant les travailleurs à ne pas se percevoir comme un groupe isolé de la société.
« Nous sommes le peuple. Nous devons dire à nos populations : nous sommes vous », a-t-il complété.
Il a également souligné la nécessité pour les syndicats de construire des solidarités au-delà de leurs rangs, en s’alliant aux médias, aux acteurs politiques et à la société civile. L’objectif est de créer un rapport de force capable de répondre à des transformations qui dépassent le cadre national.
Pour Dr Tsolenyanu, le rôle premier de l’État est de garantir à sa population des services publics de qualité. Il estime que les fonctions régaliennes ne sauraient être déléguées, sous peine de voir l’État perdre sa vocation première, celle de faire Nation et protéger ses citoyens.
Cette vision rejoint celle de PSI, qui décrit son initiative « Public Services Fightback » comme une démarche visant à renforcer les capacités des syndicats, leur préparation aux mobilisations et leurs alliances, dans un contexte de pressions croissantes sur les services publics et les droits des travailleurs.

