Togo : Huit ans après, le SYNPHOT relance le dossier de la fonction publique hospitalière
Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a adressé, le 12 octobre dernier, un courrier au ministère de la Santé. Entre promesses non tenues et retard accumulé depuis 2018, les blouses blanches menacent de passer à l’offensive si un dialogue social concret n’est pas instauré.

C’est une missive qui sonne comme un ultimatum. Ce 15 octobre 2026, le SYNPHOT a rendu public un communiqué d’information et de mobilisation qui risque de faire des vagues dans les couloirs du ministère de la Santé à Lomé. Le ton est ferme, car l’organisation syndicale dénonce un immobilisme persistant concernant les accords conclus il y a près de huit ans.

Le courrier, adressé au ministre de tutelle le 12 octobre, exige une accélération de la mise en œuvre des engagements gouvernementaux issus du groupe de travail sur le secteur public de la santé de 2018-2019. Pour les praticiens hospitaliers, l’heure n’est plus aux concertations stériles. Ils pointent du doigt un décalage criard entre les déclarations d’intention et la réalité du terrain.
Au cœur des revendications, la question épineuse des rémunérations. Le SYNPHOT réclame une revalorisation substantielle des primes de risques et de contagion. Une demande qui fait écho à la dangerosité croissante de l’exercice médical, mais aussi à la nécessité de rendre le métier plus attractif pour freiner l’hémorragie des talents vers l’étranger.
La fonction publique hospitalière en ligne de mire
Au-delà de l’aspect financier, le bras de fer porte sur des réformes structurelles. Les syndicalistes exigent l’établissement effectif de la fonction publique hospitalière, un cadre juridique indispensable pour stabiliser les carrières. Ils réclament également la mise en œuvre des recommandations relatives aux statuts des personnels de santé.
Autre point de friction majeur : le recrutement. Le SYNPHOT déplore le manque d’effectifs et exige la publication d’une liste additive pour le compte du concours qui aurait dû être organisé pour l’année 2026. Une manière de rappeler que la pénurie de personnel met en péril la qualité des soins et épuise les équipes en place.
Face à ce qu’ils considèrent comme une inertie gouvernementale, les responsables du SYNPHOT appellent à l’union sacrée. Dans leur communiqué, ils invitent « tous les agents de santé, toutes catégories confondues, à rester unis, mobilisés et vigilants ». Pour l’organisation, les travailleurs doivent se tenir prêts à participer aux « prochaines actions syndicales » qui seront officiellement annoncées.
En filigrane, c’est la question de la reconnaissance de la profession qui est posée. « La reconnaissance des agents de santé doit devenir une réalité ! », martèle le bureau exécutif national, qui voit dans l’amélioration des conditions de travail le seul levier pour bâtir un système de santé public « plus fort et plus attractif ».

