Le 15 août 2026, l’association Hands From Above (HFA) a organisé sa journée annuelle au Lycée de Hédjranawoé, en présence de 64 bénéficiaires, de leur proches et familles. Cette année, l’événement ne s’est pas limité à des animations ou de l’assistance. En effet, huit personnes stabilisées après la maladie ont été sélectionnées pour un programme d’accompagnement vers l’autonomie financière.

Le Centre Paul-Louis René régulièrement des personnes souffrant de troubles mentaux. Une partie d’entre elles, après un suivi médical, retrouve une stabilité suffisante. Mais une fois rentrées chez elles, beaucoup se retrouvent sans occupation ni revenu.

C’est ce constat qui a poussé Hands From Above à modifier le format de son programme Amour en Action, lancé il y a neuf ans. L’association, qui organisait jusqu’alors une journée de divertissement, d’assistance et de conseils le 15 août, a décidé d’y ajouter une dimension concrète : l’insertion socioprofessionnelle.
« Amour en Action est une activité que nous faisons chaque année, le 15 août. Pour cette 9e édition, nous l’organisons en collaboration avec le Centre Paul-Louis René, qui réunit 64 bénéficiaires. Le but est de leur donner de l’espoir, de la joie, pour qu’ils se sentent aimés. Ce sont des personnes délaissées par la société. Nous les récupérons pour qu’ils se sentent aussi aimés dans la société », explique Grace ZEGBLA, directrice administrative et financière de HFA, représentant la présidente.
« Ceux qui sont ici sont déjà stabilisés. Ils sont sortis des centres, ils sont intégrés. Nous travaillons avec eux, nous organisons des panels pour leur donner des conseils. Mais cette année, nous allons plus loin », précise t- elle.
Huit bénéficiaires, deux parcours d’insertion
Sur les 64 bénéficiaires présents, huit ont été retenus pour un accompagnement renforcé, qui débutera après la journée du 15 août. Le dispositif se divise en deux volets :
Six d’entre eux suivront une formation aux activités génératrices de revenus, encadrée par la Microfinance Assilassimé Solidarité, qui assurera un suivi rigoureux.
Les deux autres suivront une formation professionnelle dans des ateliers en relation par la Chambre Régionale des métiers du Grand Lomé.
Il faut également noter que des kits ont été distribués aux bénéficiaires pour les assister.
Une bénéficiaire témoigne de son parcours
Parmi les personnes présentes, une femme, aujourd’hui présidente d’une association d’usagers en santé mentale, a accepté de raconter son histoire. Elle explique les causes de sa maladie.
« Ma maladie mentale a commencé quand j’étais victime de problèmes conjugaux. Le père de mes enfants m’a obligée à revenir chez lui sans résoudre nos problèmes, et il m’a arraché mes enfants. Par la suite, j’ai perdu ma maman. Je n’ai pas accepté ces circonstances. C’est ça qui a fait basculer », nous raconte-t-elle.
Elle a donc été sauvée, car sa famille et ses proches ne l’ont pas laissé tomber.
« Ma famille m’a aidée en m’amenant à l’hôpital. J’ai pris conscience que les médicaments allaient m’aider à me stabiliser. Ma famille et mes amis m’ont entourée. Aujourd’hui, j’ai retrouvé totalement ma stabilité et je refais mes activités plus qu’avant. Et le fait d’être présidente d’une association d’usagers en santé mentale m’a beaucoup aidée à être un modèle pour les autres. »
Avec ce programme d’insertion, Hands From Above change de registre. L’association ne se contente plus d’une journée de soutien moral. Elle engage un suivi sur le long terme, avec des partenaires spécialisés, pour que les bénéficiaires ne retombent pas dans l’inactivité une fois la fête terminée.

