Le Port autonome de Lomé se prononce sur la situation des dockers

 

MIXX PARFAIT

La Direction du Port de Lomé répond aux images de dockers inactifs et aux accusations de paralysie. Dans un communiqué du 15 août, elle dément tout blocage, affirme que les opérations ont continué normalement sur la plupart des quais, et dénonce une tentative de déstabilisation visant son nouveau Directeur général. Elle assure rester ouverte au dialogue avec les syndicats.

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La tension est palpable dans l’enceinte du Port Autonome de Lomé. Alors que des images circulaient ces derniers jours sur une éventuelle paralysie des activités, la Direction générale a tenu, par un communiqué daté du 15 août, à rétablir ce qu’elle présente comme « la vérité des faits ». Le document, ferme, balaie les allégations d’un arrêt de travail massif et pointe du doigt un syndicat qu’elle juge irrecevable, tout en réaffirmant sa main tendue vers le dialogue social.

Selon la Direction, les opérations portuaires n’ont jamais été interrompues. « Le terminal de LCT, le troisième quai à conteneurs de Togo Terminal, le môle 2 et le quai minéralier ont fonctionné normalement », précise le communiqué.

La seule perturbation, qualifiée de « ralentissement », a concerné le môle 1 (quai conventionnel). La Direction explique que les images montrant une activité réduite ont été prises « entre deux vacations, moment où l’activité est naturellement réduite ». Elle dénonce une manipulation visant à « donner faussement à croire à une paralysie ». Ce ralentissement a d’ailleurs été « corrigé dès la vacation de nuit par le déploiement de 51 dockers », garantissant ainsi la continuité du service public portuaire.

 

Le SYAPAL n’est pas reconnu comme interlocuteur valable

 

Au cœur de la controverse, la question de la représentativité syndicale. Le communiqué met en doute la légitimité du SYAPAL (Syndicat Autonome des Personnels du Port Autonome de Lomé), présenté comme le principal initiateur du mouvement.

La Direction affirme que « le SYAPAL ne dispose pas de l’autorisation d’exercer délivrée par le ministère de l’Administration territoriale ». Plus fondamentalement, elle souligne que ce syndicat regroupe des « dockers occasionnels », qui ne sont pas des employés directs du Port. Ceux-ci sont recrutés par le service de la main-d’œuvre portuaire, une entité distincte, en fonction des besoins.

La Direction assure pourtant avoir tenté d’ouvrir le dialogue. Le 31 juillet, le secrétaire général du SYAPAL a été invité à une réunion, mais il ne s’y est pas présenté, privilégiant une autre convocation à l’inspection du travail. « La main tendue par la Direction générale est donc restée ouverte, et elle le demeure », insiste le texte, précisant que les échanges se poursuivent avec les « organisations syndicales régulièrement constituées ».

 

Revendications et déstabilisation de la nouvelle direction

 

Sur le fond des doléances, le Port assure prendre le sujet au sérieux. L’amélioration des conditions de vie et de travail des dockers est qualifiée de « préoccupation constante ». Parmi les douze points de revendications, plusieurs seraient « déjà satisfaits ou en cours de traitement ». Un audit des effectifs, confié à un cabinet international indépendant, a d’ailleurs été lancé pour fiabiliser les données et renforcer la « bonne gouvernance ».

Cependant, la Direction générale ajoute une couche politique à son analyse. Elle évoque une « tentative de déstabilisation du nouveau Directeur général du Port Autonome de Lomé ». Sans accuser nommément qui que ce soit, elle promet de « rester ferme et déterminé sur les intérêts supérieurs du Port » et de « ne tolérer aucune indiscipline ». Des « vérifications internes sont en cours afin d’établir les faits et, le cas échéant, les responsabilités », conclut le communiqué, dans le respect du contradictoire.

Le Port, infrastructure stratégique pour l’hinterland

En préambule de sa mise au point, la Direction rappelle le rôle central du Port de Lomé. En tant que « plateforme logistique de référence » pour le Togo et les pays sahéliens de l’hinterland, sa perturbation affecterait « non seulement l’économie nationale, mais aussi l’approvisionnement de toute une région ». La Direction conclut en appelant les médias et l’opinion à « privilégier l’information établie et le dialogue direct » pour débattre des questions sociales, sans recourir au « blocage de l’outil économique ».

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