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SUNU Bank: 27 femmes parmi les 42 licenciés, les syndicats parlent d’injustice sociale

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Les quatre principales centrales syndicales du Togo (la CSTT, le GSA, l’UNSIT et la STT) ont exprimé leur indignation face aux licenciements de 42 employés de SUNU Bank Togo, qualifiés d’“abusifs” et “discriminatoires”. Dans une déclaration conjointe rendue publique le 11 octobre 2025 à Lomé, elles appellent de nouveau à la réintégration immédiate du personnel concerné et dénoncent une décision prise “en violation des règles du travail et de la déontologie bancaire”.

Selon la direction de SUNU Bank Togo, les licenciements décidés le 20 septembre 2024 s’inscrivent dans un plan de restructuration motivé par une masse salariale jugée trop élevée. Une justification que contestent les syndicats, qui estime que les véritables causes des difficultés de la banque sont d’ordre managérial.

Les centrales rappellent avoir alerté dès 2019 sur des signes de “mauvaise gouvernance”, notamment la gestion des engagements et l’octroi de crédits à long terme. Une nouvelle alerte adressée en septembre 2023 au Conseil d’administration aurait, selon elles, été ignorée.

Saisie par le gouvernement togolais, la Commission Bancaire de l’UEMOA a mené un audit dont les conclusions contredisent la justification avancée par la banque. Le rapport indique que “la masse salariale n’est pas à l’origine des difficultés rencontrées par SUNU Bank Togo”, pointant plutôt des problèmes de gouvernance et des irrégularités dans la gestion du portefeuille de crédits.

Malgré ces constats, la procédure de licenciement aurait été maintenue. Dans un rapport interne daté du 31 janvier 2025, la direction reconnaît par ailleurs que les évaluations de performance des collaborateurs étaient “non objectives et mal orientées”.

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Les syndicats estiment que les 42 employés concernés, dont 27 femmes, ont été “ciblés” pour d’autres raisons. Ils dénoncent une discrimination liée au genre et au mandat syndical de certains travailleurs protégés, dont le secrétaire général du SYNBANK, également porte-parole des centrales syndicales.

Selon eux, la masse salariale cumulée de ces employés ne représente que 5 % du total annuel de la banque, ce qui affaiblit l’argument d’un licenciement pour motif économique.

Les centrales syndicales réclament la réintégration sans condition des 42 employés et appellent les autorités compétentes à garantir le respect du droit du travail.

Elles affirment être prêtes à utiliser toutes les voies de recours légales, tout en invitant la direction de SUNU Bank Togo à renouer avec le dialogue social afin d’éviter une escalade du conflit.

“Les travailleurs ne peuvent être les victimes d’une gouvernance défaillante”, conclut la déclaration.

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