AVANT TITRE ARTICLE

Former à l’éthique dès l’école, le pari du Togo contre la corruption

Affiche début Article 650x400pixel

Au Togo, la lutte contre la corruption connait une nouvelle orientation. À l’initiative de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), le pays se dote d’un projet d’intégration de l’éducation à l’éthique et à la probité dans les curricula d’enseignement et de formation. Officiellement lancé le 3 juillet dernier, le programme a fait l’objet d’une présentation détaillée à la presse ce mardi 29 juillet à Lomé, en présence du ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Isaac Tchiakpè.

Dans un contexte où les États peinent encore à enrayer les effets délétères de la corruption sur le développement, le Togo, signataire des conventions onusienne, africaine et communautaire ouest-africaine contre ce fléau, fait le pari de l’anticipation. Non plus seulement par les outils juridiques ou la répression, mais par la prévention dès le plus jeune âge.

« L’école est le socle du changement durable. La lutte contre la corruption commence dans les esprits, dès le bas âge », martèle Kimelabalou Aba, président de la HAPLUCIA.

Concrètement, le projet vise à inscrire dans les programmes éducatifs les valeurs d’éthique, d’intégrité, de responsabilité et de redevabilité, à travers deux approches. La première, dite intégrée, consiste à injecter des contenus liés à la lutte contre la corruption dans les matières existantes, notamment à l’école primaire et secondaire. La seconde, modulaire, cible les niveaux technique, professionnel et universitaire, avec des modules de formation spécifiques conçus pour former les enseignants et impliquer les apprenants.

Affiche Milieu article 728x90pixel

D’un coût estimé à plus de 650 millions de francs CFA, la mise en œuvre du projet s’étendra de janvier 2025 à juillet 2028. Elle suivra une progression en cinq différentes étapes : mise en place du dispositif de pilotage, élaboration des curricula, phase de pré-test, extension, puis généralisation à l’échelle nationale. Le pilotage sera assuré par un comité multisectoriel et une commission technique composée de représentants des ministères de l’éducation, de la formation professionnelle, de la citoyenneté et d’institutions partenaires.

Mais pour la HAPLUCIA, cette réforme ne saurait être technocratique. Elle appelle une adhésion populaire, une appropriation sociale. D’où l’appel appuyé lancé aux médias pour devenir des relais de cette cause.

La phase de Pré-Test qui se tiendra dès la rentrée 2025-2026 prendra en compte deux régions éducatives du secondaire, à savoir le Grand Lomé et Kara. Il s’agit notamment, pour le compte du secondaire, des Lycée de Légbassito et le lycée d’enseignement technique et professionnel d’Adidogomé  (Grand Lomé) et le Lycée Kara Sud et le CRETFP Kara. Au niveau du supérieur, l’Université de Lomé et l’Ecole Nationale d’Administration dans le Grand Lomé et la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université de Kara sont retenues pour cette étape pilote. 

Le Togo, en intégrant l’éducation à l’éthique dans les salles de classe, entend former une génération d’acteurs du changement. Une jeunesse qui saura, demain, opposer l’intégrité à l’impunité.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.