
Au Togo, la cybercriminalité continue de gagner du terrain, malgré les sensibilisations. En 2025, d’après les chiffres communiqués par l’Agence nationale de la cybersécurité, les arnaques en ligne auraient déjà causé des pertes estimées à près de 500 millions de francs CFA. Un montant conséquent, que les autorités jugent pourtant en deçà de la réalité, de nombreuses victimes n’ayant pas toujours le réflexe de signaler les faits.
Ces chiffres ont été dévoilés mardi par l’Agence nationale de la cybersécurité (Ancy) lors d’une rencontre d’information avec les médias à Lomé. L’institution tire la sonnette d’alarme face à la progression rapide et silencieuse des fraudes numériques. Pour son directeur général, Gbota Gwaliba, la question dépasse désormais le simple cadre technique.
« La cybersécurité est devenue un enjeu majeur pour les États, les entreprises et les citoyens. Les cybermenaces évoluent sans cesse et gagnent en sophistication », a-t-il averti.
Selon l’Ancy, personne n’est épargné. Particuliers comme entreprises se retrouvent piégés par des stratagèmes de plus en plus élaborés, souvent difficiles à détecter au premier abord. Derrière un message anodin, une offre alléchante ou une identité familière se cachent parfois des réseaux bien organisés.

Les services spécialisés relèvent plusieurs formes d’escroqueries récurrentes. L’hameçonnage figure en tête, avec des messages imitant ceux de banques, d’opérateurs téléphoniques ou d’administrations pour soutirer des données sensibles. Les réseaux sociaux sont également devenus un terrain fertile pour les fraudeurs, à travers de faux profils, de prétendues opportunités d’emploi ou d’investissement, et des promesses de gains rapides.
Les fraudes liées au mobile money restent particulièrement préoccupantes, avec des appels ou messages frauduleux visant à obtenir des codes secrets ou à valider de fausses transactions. À cela s’ajoutent les faux sites de commerce en ligne, qui encaissent les paiements sans jamais livrer les produits, ainsi que les arnaques sentimentales, fondées sur la manipulation émotionnelle des victimes. Les entreprises, elles aussi, sont ciblées par des attaques plus techniques, allant du piratage de messageries aux faux ordres de virement, en passant par les rançongiciels.
Face à cette menace grandissante, l’ANCY appelle à un sursaut collectif. L’agence insiste sur la nécessité d’adopter des comportements numériques responsables : protéger ses données personnelles, se méfier des messages inattendus, vérifier l’authenticité des sources et ne jamais communiquer d’informations confidentielles à la légère.
La sensibilisation du grand public et la formation des entreprises apparaissent, selon l’ANCY, comme des leviers essentiels pour réduire l’impact économique et social de la cybercriminalité, dans un contexte où la digitalisation des services s’accélère.

