Transhumance et gestion des pâturages : des acteurs agropastoraux formés à la prévention des conflits
Deux sessions de formation ont réuni 120 acteurs agropastoraux à Dapaong, dans la Région des Savanes, du 02 au 03 août puis du 08 au 09 août, autour des bonnes pratiques de transhumance, de gestion durable des pâturages et de prévention des conflits. Ces formations s’inscrivent dans le cadre du projet d’appui à la prévention des conflits dans la région des Savanes, mis en œuvre conjointement par la FAO, le PNUD et l’OIM, avec l’appui du gouvernement togolais.

La région des Savanes est confrontée à des défis majeurs notamment pression croissante sur les ressources naturelles, effets du changement climatique, afflux de réfugiés et incursions de groupes armés en provenance du Sahel.


Pendant deux jours, à chaque session, les participants (responsables d’organisations pastorales et agricoles, chefs de canton, jeunes ambassadeurs du pastoralisme, représentants de communes et services techniques (ICAT, Direction de l’élevage), ont suivi trois modules animés par des experts de la Direction de l’élevage et du Réseau Billital Maroobé (RBM).
Le premier module a porté sur le cadre légal régissant la transhumance au Togo et dans l’espace CEDEAO, avec un accent sur les droits et devoirs des éleveurs et des agriculteurs, ainsi que le respect des calendriers agricoles et pastoraux. Le deuxième module a abordé les techniques d’aménagement et de gestion durable des pâturages, la gestion concertée des points d’eau et l’adaptation au changement climatique. Enfin, le troisième module a traité de la prévention et de la gestion des conflits, à travers des outils de communication non-violente, de médiation communautaire et le rôle des comités locaux de gestion des plaintes.

« La formation a porté sur la réglementation en vigueur sur les bonnes pratiques de gestion de la transhumance, des parcs à bétails et des points d’eau. Et surtout pour apporter ce message, de paix, de dialogue et de concertation autour des ressources naturelles, pour que dans chaque village, dans chaque canton et dans chaque commune, on puisse réfléchir sur le vivre-ensemble pour tous. La transhumance, comme l’agriculture, contribue au développement économique du pays, contribue à la sécurité alimentaire dans notre pays. La formation a donc permis de renforcer la cohésion sociale et de donner aux acteurs de base les outils pour prévenir les conflits qui naissent souvent de la compétition autour des ressources », a déclaré M. Oyétoundé Djiwa, chargé de programme à la FAO.
À l’issue des deux sessions, les participants maîtrisent désormais les règles et les couloirs de transhumance, ont assimilé les bonnes pratiques de gestion des ressources et compris les mécanismes locaux de dialogue et d’alerte précoce. Un plan d’action de restitution communautaire a été élaboré par chaque groupe pour assurer la diffusion des acquis dans leurs localités respectives.

Des mécanismes locaux pour une cohabitation apaisée
Nous sommes passés dans les quatre cantons de notre commune pour sensibiliser les deux parties. Aux agriculteurs, nous recommandons jusqu’en février de passer aux récoltes. En ce qui concerne les éleveurs, nous leur avons dit qu’au moment des travaux champêtres, de ne pas laisser les enfants suivre les bêtes, de ne pas faire le pâturage aussi pendant l’année », a indiqué Tchadame N’GAM, Maire de la commune Oti Sud 1.
Le gouvernorat de la région des Savanes a également salué l’initiative et a souligné que la transhumance ne peut être résumée en simple déplacement saisonnier de cheptel, sachant qu’elle constitue un pilier de l’économie pastorale et régionale et un puissant vecteur d’intégration socio-économique entre les peuples de la sous-région.

