À peine quatre jours après la réouverture de la saison de pêche, les quais du port de pêche de Lomé affichent déjà des chiffres impressionnants. En effet, 15 000 tonnes de poisson ont fraîchement débarquées. Après un mois de repos biologique destiné à préserver les ressources marines, les pêcheurs artisanaux ont renoué avec la mer le 1er août, et les prises enregistrées dépassent largement les prévisions les plus optimistes.


Dans l’enceinte du port de pêche, l’animation est à son comble. Pêcheurs, mareyeuses et acheteurs se croisent au rythme des débarquements, dans une effervescence qui rappelle les grands jours d’activité.
Mais cette rentrée maritime est aussi marquée par une nouveauté réglementaire de taille. La Fédération nationale des unions de coopératives de pêche du Togo (FENUCOOPETO), l’organisation faîtière du secteur halieutique, rappelle que tout pêcheur doit désormais être en possession de sa carte professionnelle avant d’exercer son activité. Une mesure déjà présentée aux communautés de la préfecture des Lacs, invitées à se mettre en règle sans délai.
« Cette obligation entre en vigueur avec la reprise, afin que chacun prenne pleinement conscience de son importance. Dès l’année prochaine, tout pêcheur non muni de sa carte se verra refuser l’accès au port, voire à la mer », avertit Abdou-Derman Adam-Mouhamadou, secrétaire général de la FENUCOOPETO, dans une déclaration recueillie par La Référence Africaine. Inspirée du modèle en vigueur au port autonome de Lomé, cette approche vise à encadrer strictement l’accès aux zones de pêche : même les visiteurs devront être munis d’un badge, et chaque acteur de la filière disposera de sa propre carte d’accès.
« Dès 3 ou 4 heures du matin, les pêcheurs partant en mer devront présenter leur carte. Vers 7 heures, les mareyeuses feront de même pour déclarer l’embarcation à laquelle elles sont rattachées. Les anciennes habitudes sont révolues », précise-t-il.
Au-delà du port de Lomé, le respect de cette nouvelle disposition sera assuré par l’unité spéciale de garde-côtes récemment déployée par les autorités. Ces forces, déjà actives durant le mois de fermeture de la pêche, ont veillé jour et nuit à l’application du repos biologique, aussi bien pour les embarcations nationales qu’étrangères. Leur présence rigoureuse a largement contribué au succès de cette période de régénération, salué par l’ensemble des acteurs, comme en témoigne l’abondance exceptionnelle des captures en ce début de saison.
Désormais, cette même unité étendra sa surveillance à la vérification systématique des cartes professionnelles sur l’ensemble du littoral, avec des sanctions prévues pour toute infraction.

