Santé en Afrique : l’ISP propose la création d’un Fonds Africain pour les médicaments
Réunis du 25 au 28 août 2026 à Addis-Abeba à l’occasion de la 76ᵉ session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique (RC76), les acteurs de la santé publique se sont penchés sur les défis du continent. Parmi les voix marquantes, la délégation de l’Internationale des Services Publics (ISP) représentée notamment par AIYELABOLA Babatundé et Perpetual Ofori-Ampofo et le Dr Gilbert Tsolenyanu (SG du Synphot/Togo), a fermement exhorté les États africains à transformer leurs systèmes de santé.


Au cœur des débats figure le Programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035. Malgré une augmentation des effectifs passant de 1,6 million en 2013 à 5,72 millions en 2024, le continent risque de faire face à un déficit critique de plus de 6 millions de soignants d’ici 2035 en l’absence de réformes de fond. Le programme vise à recruter et retenir 3 millions de professionnels supplémentaires, à faire passer la densité à 47 soignants pour 10 000 habitants et à faire chuter le taux de chômage des professionnels du secteur de 27 % à 13 %.
Pour l’ISP, l’atteinte de ces cibles repose impérativement sur l’approche « Planifier – Former – Retenir », alliée à des conventions collectives et un dialogue social renforcé avec les syndicats.
Intervenant sur la réglementation des produits médicaux, le Dr Gilbert Tsolenyanu a souligné une anomalie préoccupante : aucun pays africain ne figure à ce jour parmi les 39 autorités reconnues WLA par l’OMS. Pour inverser cette tendance, l’ISP propose la création d’un Fonds Africain pour les médicaments et l’innovation pharmaceutique et invite le continent à s’inspirer de l’initiative d’Harmonisation de la réglementation des médicaments (MRH) lancée en Afrique du Nord.
Au-delà des réformes réglementaires et budgétaires, l’Internationale des Services Publics insiste sur la nécessité d’impliquer directement les acteurs de terrain dans la prise de décision. Par la voix du Dr Gilbert Tsolenyanu, l’organisation a appelé avec force à inclure formellement les associations et syndicats de professionnels de santé dans les cadres juridiques, politiques et de gouvernance prioritaires du continent. Pour l’ISP, garantir une véritable démocratie sanitaire et réussir la transformation des systèmes de soins africains exige un dialogue social structuré, où la parole des soignants est officiellement intégrée aux orientations stratégiques.
En ce qui concerne le volet environnemental, l’ISP rappelle que la crise climatique est une véritable crise sanitaire en Afrique, où près d’un demi-milliard de personnes restent privées d’eau potable. Plaçant l’humain et la protection de la planète avant les profités privés, l’organisation a appelé les gouvernements à rompre avec la « dictature de l’urgence » et à bâtir des services publics robustes et pérennes.

