Santé au Togo : les professionnels du public et du privé s’unissent pour réclamer des réformes profondes

À l’occasion de la Journée internationale du travail décent, célébrée chaque année le 7 octobre par les syndicats et les organisations de travailleurs à travers le monde, les professionnels de santé du Togo ont décidé de parler d’une seule voix. Pour la première fois, les secteurs public et privé se réunissent au sein d’une même plateforme pour réfléchir ensemble et porter des propositions communes.

DEBUT D’ARTICLE

Devant la presse, ce mercredi, au sortir de leur journée de réflexion sur le thème « Quel système de santé pour promouvoir le dialogue social, des conditions de travail modernes, des salaires justes et une protection sociale élargie ? », les membres de la plateforme ont déroulé point par point les réformes jugées indispensables pour coller enfin aux réalités du terrain.

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« Pour la première fois, les professionnels de santé du secteur public comme du privé se réunissent pour parler de leurs problèmes. Ce que nous avons en commun, c’est la santé. Donc quand un maillon de ce système est malade, c’est tout le système en réalité qui est malade, sans qu’on ne le sache » a indiqué Dr Sandra Ametitovi, vice-présidente de la Fédération Privée des Pharmaciens du Togo.

Elle insiste sur la nécessité d’un cadre de travail décent.  

« Un professionnel qui n’a pas un cadre de santé qui lui permet d’avoir un épanouissement mental aura du mal à s’occuper de ses patients, parce que ce que nous manipulons, c’est en fait la vie humaine, ce qui est au centre de tout », a-t-elle complété.

 

Dr Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), a détaillé les chantiers prioritaires. En tête de liste : la réforme de la fonction publique hospitalière, qui doit prendre en compte « les ressources humaines, la rémunération adéquate au personnel de santé, le statut de praticien, le statut des apprenants en santé et la gestion des carrières ». Cette réforme, précise-t-il, « sera accompagnée de l’adoption d’une convention collective du secteur de la santé », avec à la clé une grille salariale.

La plateforme appelle également à une réforme hospitalière intégrant public et privé, à une loi sur la pharmacie hospitalière avec un grossiste d’État répartiteur, et à la création d’un écosystème favorable aux entreprises du secteur privé : exonération des droits de douane, défiscalisation, accessibilité au financement et réglementation du secteur.

 

Des textes obsolètes à actualiser

 

Autre urgence pointée du doigt : l’actualisation de textes réglementaires devenus caduques. Dr Ametitovi cite « l’arrêté fixant le prix des produits pharmaceutiques qui date de 1997 et qui n’a pas été revisité depuis », ainsi que « l’arrêté sur les ristournes dans les structures hospitalières publiques ». Pour Dr Tsolenyanu, cette révision doit « permettre aux promoteurs de pratiquer des prix accessibles à la population tout en assurant la viabilité des pharmaciens en officine privée ».

 

 

Au-delà des revendications, les professionnels de santé s’engagent. Dr Tsolenyanu promet de « sensibiliser les collègues au bon accueil, à lutter contre les mauvaises pratiques, notamment les faux d’assurance ».

Une manière de rappeler que cette plateforme « n’est pas une plateforme de revendication, mais une plateforme qui va permettre aux professionnels de santé de réfléchir ensemble sur ce que nous avons en commun : les vies humaines et la santé de nos populations », conclut Dr Ametitovi.

 

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