

Le 11 septembre 2025, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à la libération « immédiate et inconditionnelle » d’Abdoul Aziz Goma, condamné à dix ans de prison par la Cour d’assises de Lomé pour complot contre la sécurité intérieure de l’État. Bruxelles qualifie son dossier de détention arbitraire et y voit le symbole d’un recul démocratique au Togo.

Les autorités togolaises rejettent fermement cette position, dénonçant une « ingérence manifeste » dans un dossier judiciaire relevant de leur souveraineté. Pour Lomé, la condamnation de M. Goma n’a rien de politique : elle repose sur des infractions graves jugées par une juridiction compétente. Le gouvernement insiste sur le respect des droits de la défense, le suivi médical du détenu, ainsi que sur la possibilité de recours ouverts.
Au-delà de ce cas, l’affaire soulève un débat plus large : l’Union européenne peut-elle imposer ses standards et exiger l’annulation d’un jugement souverain ? Les autorités togolaises rappellent que la séparation des pouvoirs est un principe fondamental et que céder à une telle pression créerait un précédent dangereux. Elles dénoncent également un « double standard » européen, rappelant que des États comme la France ou l’Espagne ont eux-mêmes procédé à des arrestations massives ou condamné des leaders indépendantistes sans que Bruxelles n’exige de libérations immédiates.
Lomé défend donc sa position. La coopération avec les partenaires internationaux est souhaitée, mais sur la base du respect mutuel et de l’égalité. Si des réformes pénitentiaires et judiciaires sont en cours, elles ne sauraient être imposées de l’extérieur. Pour le Togo, l’essentiel est de préserver sa souveraineté judiciaire, condition de sa dignité institutionnelle et de la crédibilité de son État de droit.



