Et si la clé de la souveraineté alimentaire africaine se trouvait dans un brevet ou une indication géographique ? C’est en tout cas le pari qu’a fait la FAO, en organisant deux sessions de formation inédites à Lomé et Kara à l’intention des jeunes entrepreneurs agricoles togolais. Il s’agit de leur apprendre à protéger et valoriser leurs innovations, pour que le made in Togo ne se limite plus à un simple label informel.


Pendant deux jours, en juillet et août 2026, une soixantaine de participants, notamment des jeunes transformateurs, innovateurs et structures d’accompagnement) ont planché sur les arcanes de la propriété intellectuelle. Aux manettes de cette session, l’Institut National de la Propriété Industrielle et de la Technologie (INPIT), partenaire technique de l’opération. Au programme : brevets, marques, secrets d’affaires, indications géographiques… De quoi transformer des idées prometteuses en actifs économiques solides.

L’initiative s’inscrit dans le projet TCP/TOG/4002, porté par la FAO et le ministère togolais de l’Agriculture. Un projet qui tombe à pic, car le secteur agricole emploie près des deux tiers de la population active du pays, mais reste handicapé par un manque criant de structuration et d’innovation protégée. Combien de produits locaux, du beurre de karité au piment séché, pourraient conquérir les marchés régionaux et internationaux s’ils bénéficiaient d’une indication géographique ou d’une marque collective ? C’est tout l’enjeu de cette formation.
Concrètement, les jeunes entrepreneurs repartent avec des outils concrets : savoir évaluer la brevetabilité d’une innovation, piloter une stratégie de marque, ou encore mobiliser les indications géographiques pour labelliser leurs produits. Une façon de sortir de l’informel et d’attirer les investisseurs, dans un pays où l’emploi des jeunes reste un défi majeur.

Le Togo, aligné sur les stratégies régionales de la CEDEAO et engagé dans l’initiative Hand in Hand de la FAO, espère ainsi faire école. Ces formations, qui devraient être suivies d’un accompagnement personnalisé, posent les jalons d’un écosystème entrepreneurial plus compétitif. Comme le rappellent les organisateurs, la propriété intellectuelle n’est pas un luxe de pays développés : c’est un levier de souveraineté et de croissance pour l’Afrique agricole de demain.

