Mardi à Lomé, la ministre adjointe allemande des Affaires étrangères, Serap Güler, a foulé les quais du Port autonome un geste chargé d’histoire pour une coopération qui ne se contente plus du passé.

« Ma visite est un signe que nous avons un grand intérêt à renforcer les relations qui existent déjà entre nos deux pays », a déclaré la ministre.

Mais c’est sur les quais du PAL, face à l’Atlantique, que ce partenariat a pris sa forme la plus tangible.
Le temps fort de la visite fut en effet la découverte du Port autonome de Lomé, une infrastructure qui incarne à elle seule la profondeur des liens germano-togolais.
Inauguré le 26 avril 1968 (à deux jours du huitième anniversaire de l’indépendance togolaise), le port en eau profonde a été financé pour près des deux tiers par la KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), la banque publique allemande de développement, et construit par un consortium conduit par Hochtief AG, l’un des plus grands groupes de génie civil européens.
Aujourd’hui encore, les ingénieurs allemands et togolais évoquent les fondations du môle nord, où l’empreinte de Hochtief reste visible.
Accompagnée d’Edem Kokou Tengué, ministre délégué chargé de l’Économie maritime, et de Fogan Adégnon, directeur général du PAL, Serap Güler a pu constater sur place pourquoi ce port est bien plus qu’un équipement national.
« Le Port autonome de Lomé est le seul port naturel en eau profonde de toute la côte ouest-africaine, avec un tirant d’eau de 16,60 mètres »,a rappelé le ministre Tengué.
De fait, le PAL est aujourd’hui le premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique subsaharienne francophone, un hub régional desservant un hinterland de plus de 80 millions de consommateurs, et la porte maritime essentielle pour les pays enclavés que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Mais la visite n’était pas seulement commémorative. Elle a aussi esquissé l’avenir.
Dans son allocution d’accueil, Edem Kokou Tengué a clairement tracé les chantiers d’une coopération renouvelée, notamment la décarbonation du port (électrification des portiques, hydrogène vert, connexion électrique à quai), l’automatisation et cybersécurité (guichet unique électronique, standards « industrie 4.0 »), la formation professionnelle duale inspirée du modèle allemand, et la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, dans la continuité de la Charte de Lomé adoptée en 2016.
« Il y aurait une belle continuité historique à ce que les bâtisseurs d’hier deviennent les partenaires d’une nouvelle ambition : celle d’un port allemand de cœur, africain de destin, et résolument tourné vers le XXIe siècle », a lancé le ministre délégué.
Pour Serap Güler, cette étape loméenne n’était pas une simple escale protocolaire. En foulant ces quais, elle a renoué avec une tradition de confiance qui n’a jamais faibli depuis l’époque du Togoland.
Avec à ses côtés l’ambassadeur d’Allemagne au Togo et une délégation d’experts, la ministre adjointe a offert un signal politique clair : Berlin voit en Lomé un partenaire stable, crédible, et capable de porter des projets d’intégration régionale.

