Dossier Damiba : où en est l’instruction ?

Près de trois mois après l’extradition de l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a fait le point sur l’avancement de son dossier. Dans un grand entretien diffusé dans la nuit du jeudi 2 avril 2026 sur la télévision nationale, et sur la chaine New World Tv, le chef de l’État a livré des informations inédites sur les suites judiciaires et politiques de cette affaire.

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D’emblée, Ibrahim Traoré a rappelé les circonstances du retour forcé de son prédécesseur, accusé de tentative de coup d’État. Contrairement à ce qui a pu être dit, le pouvoir en place n’a pas cherché activement l’extradition de Damiba depuis son exil togolais.

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« Depuis qu’on est là, les tentatives sont là. Mais nous n’avons pas cherché à l’extrader. Cette fois-ci, je pense qu’il y a eu des preuves accablantes qu’on a dû présenter », a expliqué le capitaine Traoré.

 

Selon lui, les autorités burkinabè ont régulièrement informé Lomé des agissements de l’ancien chef d’État, en demandant simplement qu’il soit « conseillé ». Mais face à une multiplication des tentatives de déstabilisation, le Togo a finalement procédé à son extradition, officialisée le 20 janvier 2026 par un communiqué du ministère burkinabè de la Justice.

Le président Traoré a tenu à rappeler son attitude personnelle : aucune poursuite pour corruption ou autre n’a été engagée contre Damiba par principe. « C’est une responsabilité qui lui a été confiée. Je ne vais pas emmerder quelqu’un sur ça », a-t-il déclaré, incluant dans cette ligne de conduite aussi bien Damiba que Roch Marc Christian Kaboré.

Mais cette indulgence a trouvé sa limite : « Il devrait aller se caser tranquillement au Togo. Malheureusement, il est rentré dans une spirale où il faut coûte que coûte nous détruire. » Les dernières tentatives auraient été, selon le chef de l’État, « très graves ».

Sur le plan judiciaire, le dossier est désormais entre les mains des juges burkinabè.

« Un juge l’a déjà vu », a confirmé Ibrahim Traoré. L’enquête, ouverte après la dénonciation du parquet de Ouaga I le 5 janvier 2026, porte sur des « actes préparatoires d’une atteinte à la sûreté de l’État », du détournement de deniers publics, de l’incitation à commettre des infractions, ainsi que du blanchiment de capitaux.

 

Mais, selon le président, les investigations révèlent une affaire d’une ampleur inattendue.

« C’est un dossier très complexe parce qu’il y a beaucoup de choses autour. Ce qu’on a découvert, c’est que ça implique beaucoup de pays. Des pays qu’on n’imagine pas, qui étaient des soi-disant amis. Ça implique beaucoup de personnes, beaucoup de personnalités à travers le monde. On comprend qu’il y avait une grosse machine », ajoute-t-il.

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