940 médecins pour 9 millions d’habitants : le cri d’alarme d’Antony Beketi Katanga

Le président du Conseil de l’Ordre national des médecins du Togo, Antony Beketi Katanga, a livré un diagnostic sévère sur la démographie médicale du pays. Selon les données publiées en avril 2026, seulement 940 médecins sont inscrits au tableau de l’Ordre pour une population estimée à près de 9 millions d’habitants. Un chiffre qui place le Togo très loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

MIXX PARFAIT

Avec un ratio de 0,13 médecin pour 1 000 habitants, le pays aurait besoin de former et recruter environ 8 500 praticiens supplémentaires pour atteindre la norme de l’OMS.

Avant article_world_cola

« C’est considérable, mais c’est l’ampleur du défi auquel nous faisons face », a déclaré Antony Beketi Katanga. L’état des lieux révèle aussi un effondrement du taux de couverture du tableau, passé de 58 % en 2025 à seulement 4 % en avril 2026.

La répartition géographique est tout aussi préoccupante. Près de 77 % des médecins exercent dans le Grand Lomé, soit 804 praticiens. À titre de comparaison, la région de la Kara ne compte que 68 médecins et celle des Plateaux seulement 63. Plus inquiétant encore : le nombre de médecins togolais installés dans la diaspora dépasse celui des praticiens exerçant dans les régions Centrale et des Savanes réunies. Leur âge moyen est de 35 ans, ce qui signifie que la jeunesse médicale togolaise se trouve en grande partie hors du territoire national.

Les déséquilibres touchent aussi les spécialités. Si la gynécologie-obstétrique, la pédiatrie et la cardiologie sont bien représentées, des disciplines essentielles comme la psychiatrie, l’oncologie, l’anesthésie-réanimation ou l’ophtalmologie sont en grave déficit. Par ailleurs, 70 % des médecins ont soutenu leur thèse il y a plus de cinq ans et la majorité du corps médical a plus de 40 ans, laissant présager une pénurie à terme.

Face à ce constat, Antony Beketi Katanga plaide pour une formation médicale de qualité, des bourses pour les spécialités en déficit, des plans de carrière attractifs pour les zones rurales et un meilleur accès des femmes aux études médicales. « Le constat est sévère, mais les solutions existent. Il appartient désormais aux autorités de s’en saisir avec la détermination que la situation exige », a-t-il conclu.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.