
Face à la montée en puissance du terrorisme, les chefs d’état-major des armées de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se réuniront à Freetown, en Sierra Leone, du 24 au 27 février, pour arrêter les modalités concrètes de mise en place de la force en attente régionale.

Un premier contingent de 1 650 soldats est prévu pour être déployé en 2026, avec pour mission principale de répondre à la montée de la menace terroriste dans la sous-région. À terme, la force pourrait atteindre environ 5 000 hommes et s’intégrer au dispositif plus large de la force africaine en attente de l’Union africaine.
Le Nigeria est pressenti pour jouer un rôle central dans ce mécanisme, compte tenu de la taille et de l’expérience de ses forces armées, qui comptent près de 230 000 militaires. Abuja a été l’un des principaux artisans de la relance politique du projet, initiée sous la présidence de Bola Ahmed Tinubu à la tête de la Cedeao, avant d’être reprise par les instances actuelles de l’organisation.

Depuis juin 2025, le dossier est porté par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cedeao. Le commandement de la force en attente a été confié au général de brigade Cheikh Sulaiman Massaquoi, ancien chef d’état-major adjoint chargé de la logistique en Sierra Leone et vétéran des opérations de maintien de la paix au Mali. Il dirigera la force pour trois ans, avant un transfert du commandement au Togo prévu en 2029.
Longtemps freiné par son coût annuel estimé à près de 2 milliards de dollars, le projet bénéficie désormais d’un contexte plus favorable, marqué par l’aggravation de l’insécurité. Entre janvier et novembre 2025, environ 450 attaques terroristes ont été recensées dans l’espace Cedeao. L’intégration du projet à l’Architecture africaine de paix et de sécurité ouvre par ailleurs l’accès à des financements de l’Union européenne, notamment via la Facilité européenne pour la paix.
Face à la progression des groupes armés et aux fragilités politiques régionales, la réunion de Freetown est perçue comme un test majeur de la capacité de la Cedeao à traduire ses engagements sécuritaires en actions concrètes.

