
La communauté du quartier Nkolbisson, situé dans le 7e arrondissement de Yaoundé au Cameroun est bouleversée depuis le dimanche 15 février par une scène d’une rare violence. Un acte tragique a coûté la vie à une jeune femme et à ses trois enfants.

Selon les premières informations recueillies sur place et rapportées par Koaci, les faits se sont produits au domicile familial, en l’absence du père, parti à l’étranger pour ses activités professionnelles. La mère, prénommée Kévine, a mis fin aux jours de ses trois enfants en bas âge (deux filles âgées de 6 et 4 ans, et un garçonnet d’un an) avant de retourner son arme contre elle-même.
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Les témoignages des voisins, alertés par le silence inhabituel du foyer, ont permis de déclencher l’intervention des forces de maintien de l’ordre et des secours. À leur arrivée, ces derniers n’ont pu que constater le décès des quatre victimes. La mère aurait eu recours à l’ingestion d’un poison pour ses enfants, puis se serait infligé de multiples blessures à l’aide d’une arme blanche.

Les enquêteurs, désormais saisis de l’affaire, privilégient la piste d’un drame conjugal. L’entourage de la défunte dresse le portrait d’une femme rongée par une jalousie maladive depuis plusieurs mois. Elle aurait vécu dans l’angoisse permanente d’une infidélité de son conjoint, qu’elle soupçonnait lors de ses voyages. Ses proches rapportent également qu’elle vivait mal l’absence d’union officielle, une promesse de mariage qui n’avait jamais été tenue.
Des témoins confient que Kévine avait, à plusieurs reprises, proféré des menaces explicites à l’encontre de son compagnon, laissant entendre qu’elle était prête à commettre l’irréparable en cas de trahison. Une déclaration tragiquement devenue réalité.
Ce lundi, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, où les Camerounais expriment leur effroi et leur tristesse. Le voisinage, sous le choc, peine à comprendre comment une telle tragédie a pu se nouer dans l’intimité d’un foyer sans que personne ne puisse l’empêcher.
Les autorités locales, tout en appelant à la retenue, ont rappelé l’importance de la santé mentale et du dialogue dans les couples. Ce drame soulève, une fois de plus, la question des mécanismes de prévention et de soutien psychologique pour les personnes traversant des crises conjugales aiguës, un vide criant dans le paysage social camerounais.
Au-delà de l’enquête policière visant à établir les circonstances exactes du drame, c’est toute une communauté qui est en deuil, confrontée à l’indicible.


