Affaire journaliste français : un seul chef d’accusation

 

MIXX PARFAIT

Les trois membres d’une équipe de tournage interpellés le 27 juillet 2026 à Matchatom (préfecture de la Binah) ont été inculpés du chef de « fausses déclarations » et placés sous mandat de dépôt le 17 août dernier, à l’issue de leur présentation au parquet de Lomé. C’est ce qu’indique un communiqué conjoint des ministres de la Sécurité et de la Justice, publié ce samedi 22 août. L’information judiciaire a été confiée à un juge d’instruction, et la procédure suit désormais son cours dans le respect du secret de l’instruction.

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L’interpellation est intervenue alors que les deux ressortissants français et leur collaborateur togolais effectuaient des prises de vues, notamment par drone, sur le marché de Matchatom, pour le compte de la société de production Tony Comiti Productions, dans le cadre d’un documentaire intitulé « Les Routes de l’impossible ». L’enquête a établi qu’ils disposaient bien d’une autorisation administrative, délivrée le 19 juin 2026 par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts. Celle-ci était toutefois strictement limitée à des localités déterminées et ne couvrait ni Mango, ni Guérin-Kouka, ni Matchatom, où ils ont pourtant été interpellés.

Les ministres soulignent que certaines des zones survolées sont soumises à un régime de sensibilité sécuritaire particulière, dans le cadre de l’état d’urgence en vigueur au Togo. Des irrégularités supplémentaires dans la préparation et l’exécution du projet ont également été portées à la connaissance du parquet.

Les trois intéressés ont été présentés au procureur de la République le 17 août, en présence de leur conseil. Une information judiciaire a été ouverte et le magistrat instructeur a procédé à leur inculpation pour « fausses déclarations » (article 680, 5° du nouveau Code pénal), avant de décerner des mandats de dépôt. Ils bénéficient depuis le début de l’enquête préliminaire de l’assistance d’un avocat, de l’assistance consulaire française, et ont été autorisés à communiquer avec leurs familles. Leur détention est assurée dans des conditions conformes aux standards internationaux, notamment les Règles Nelson Mandela.

Les ministres tiennent à préciser que la procédure ne vise ni le contenu éditorial du documentaire, ni l’exercice de la liberté de la presse, mais exclusivement le respect des dispositions administratives et sécuritaires applicables sur le territoire national, sans considération de nationalité. Ils réaffirment l’attachement du Togo à l’État de droit, aux droits de la défense et à la présomption d’innocence, et invitent à s’abstenir de toute interprétation prématurée.

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