À Aného, l’aéronef Guindoua attise la curiosité

Il est là, posé sur son socle de bitume, l’aile déployée face au soleil. Les enfants du quartier courent autour, s’arrêtent, touchent du bout des doigts la carlingue encore chaude. Ils n’ont jamais été si près d’un oiseau de métal. Ils l’appellent déjà « Guindoua ». Et dans leur regard, il y a tout l’émerveillement du monde.

MIXX PARFAIT

 

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Le jeudi 3 septembre 2026, cette ancienne machine du Maréchal Mobutu, et silencieuse depuis 2013, a retrouvé une âme. Non pas dans les nuages, mais au cœur de la vieille ville tricentenaire d’Aného dans la Commune Lacs 1, sur une place aménagée au quartier Yéssouvito pour l’occasion. Un défi fou, porté pendant dix ans par un homme, Zepp Nicoué KOUETE, qui a su convaincre, patienter, et finalement poser ce géant d’aluminium là où personne ne l’attendait.

 

« On m’a dit que c’était impossible. Que ça ne servirait à rien. Que c’était trop lourd, trop cher, trop compliqué », confie-t-il, le regard fixé sur l’appareil. Mais l’ancien conseiller municipal, fils de la terre des Lacs, a tenu bon. Il a vu en Belgique un parc où les avions devenaient des lieux de vie. Il s’est dit : « Pourquoi pas au Togo ? Pourquoi pas Aného ? »

 

Aujourd’hui, le pari est gagné. Mais Guindoua n’est pas un trophée. C’est un moteur, pas de ceux qui font tourner des hélices, mais de ceux qui font tourner une ville. Les autorités locales, menées par le Sénateur-Maire Me Alexis Aquereburu, ont compris le potentiel. Dès l’inauguration, la foule était là pour toucher, pour monter à bord, pour écouter raconter l’histoire de cet appareil qui a traversé les décennies et les continents.

 

A Yessouvito, les bus scolaires arriveront bientôt, les touristes suivront, les familles viendront fêter les anniversaires dans ce décor inattendu. Car Guindoua, c’est aussi une salle de réception, une vitrine pour les entrepreneurs, un studio pour les événements. Le promoteur l’a voulu vivant, utile, généreux. Une location, une prestation, un service, tout est pensé pour que cet avion rapporte à tout un écosystème local.

 

Mais l’ambition la plus profonde est ailleurs. Dans les yeux des jeunes, précisément.

« Nous voulons surtout susciter la curiosité chez les jeunes. Qu’ils deviennent pilotes, mécaniciens, hôtesses, commandants de bord, ils peuvent déjà nourrir ce rêve en voyant cet avion », martèle ZEPP Nicoué Kouété.

Le nom Guindoua, justement, n’a pas été choisi au hasard. Il résonne comme un hommage au peuple Guin, à cette identité qui fait la fierté d’Aného. Un clin d’œil aux ancêtres, une promesse pour les descendants. L’avion pourrait être rebaptisé un jour, au gré des partenariats, mais pour l’instant, il porte ce nom comme un étendard.

 

Guindoua ne volera plus. Mais il fait déjà décoller bien des choses : l’imagination des enfants, l’attractivité d’une ville historique, l’espoir d’une région.

 

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