Quand Washington s’appuie discrètement sur le Togo pour renouer avec l’AES

Alors que les États-Unis renouent progressivement le dialogue avec les juntes du Burkina Faso, du Niger et du Mali, le Togo a joué un rôle clé en coulisses. Grâce à ses relations étroites avec ces trois régimes militaires, Lomé a notamment facilité les échanges avec Bamako, lit-on sur Africa Intelligence.

MIXX PARFAIT

 

Avant article_world_cola

Le 10 mars, Washington a annoncé la prochaine reprise de sa coopération en matière de renseignement militaire avec le Mali, marquant l’aboutissement de plus d’un an d’efforts diplomatiques. Pour parvenir à ce rapprochement, les États-Unis se sont appuyés sur le Togo, considéré comme un intermédiaire privilégié auprès des autorités sahéliennes.

 

Le Mali, où le chef de la junte Assimi Goïta s’était montré réticent, a concentré une attention particulière. Malgré une visite d’un responsable américain à Bamako début février, Goïta avait refusé de le rencontrer, au grand dam du département d’État. Washington s’est alors tourné vers Lomé.

 

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité en février, le chef d’Africom et le ministre togolais des Affaires étrangères ont échangé sur le dossier malien. Le Togo, qui entretient des liens étroits avec la junte malienne depuis 2020, a servi de relais pour transmettre les messages américains. Ces efforts ont abouti à une rencontre discrète début mars entre des responsables américains et Assimi Goïta, qui a accepté de recevoir la délégation.

 

Cette avancée devrait déboucher sur la levée prochaine de sanctions américaines visant des responsables maliens, puis sur une mission de haut niveau à Bamako d’ici mai. Si Washington souhaite communiquer rapidement sur cette nouvelle dynamique, le dirigeant malien entend garder la main sur le calendrier.

 

Le Togo a également été sollicité pour rétablir le dialogue avec le Burkina Faso et le Niger. Le 12 mars, un émissaire américain s’est rendu à Ouagadougou, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères sans voir le capitaine Ibrahim Traoré.

 

Ces démarches ont été menées sans que Washington n’en informe ses alliés européens, notamment la France. Cette volonté d’afficher des résultats rapides s’explique aussi par le contexte interne américain. En effet, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Africom cherche à convaincre l’exécutif de son utilité sur le continent, alors même que son existence avait été remise en question.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.