
Soixante-trois ans après l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président du Togo, la mémoire nationale reste traversée par une douleur profonde et non cicatrisée. À l’occasion de cette date symbolique du 13 janvier 2026, le président du Mouvement togolais pour la Restauration (MTR), Dr Jean-Emmanuel Gnagnon, s’est exprimé sur une radio de la place. Il a délivré une analyse à la fois historique, mémorielle et politique de cet événement fondateur.

Tout en s’inclinant d’abord devant la mémoire de l’illustre disparu, le Dr Gnagnon est revenu sur le caractère brutal et traumatisant de ce crime survenu seulement trois ans après l’indépendance du pays. Pour lui, l’assassinat de Sylvanus Olympio a marqué une rupture majeure dans la trajectoire du Togo, déviant la nation de la vision portée par son premier président, qu’il décrit comme un homme d’État animé d’un projet clair pour le pays.
Le responsable du MTR s’est réjoui de l’évolution progressive de la manière dont cette date est commémorée. En effet, il estime qu’il est sain que le 13 janvier ne soit plus célébré de façon festive ou pompeuse. Selon lui, le moment est désormais venu pour les Togolais de faire face à leur histoire et d’entrer dans ce qu’il appelle un « deuil mémoriel », condition indispensable à une réconciliation durable avec le passé.

Au cœur de son intervention, Dr Gnagnon a insisté sur la nécessité d’une réparation mémorielle et historique. Il a notamment évoqué la question du rapatriement et de la restitution des restes de Sylvanus Olympio, qu’il considère comme un acte fort de réconciliation nationale. Une telle démarche, selon lui, permettrait de refermer des blessures anciennes, invisibles mais profondément ancrées dans l’âme collective du peuple togolais.
Abordant les tentatives passées, il a reconnu la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), tout en soulignant que le dossier Olympio demeure l’un des plus sensibles et des plus lourds de l’histoire nationale. Pour le président du MTR, la restauration de la mémoire de Sylvanus Olympio est indissociable de la restauration morale et politique du Togo. Pour lui, toute grande nation, confrontée à des tragédies fondatrices, doit à un moment de son histoire avoir le courage de regarder son passé en face afin de bâtir une réconciliation authentique.
Dans ce sens, Dr Jean-Emmanuel Gnagnon a lancé un appel solennel et patriotique aux plus hautes autorités de l’État pour que la réparation mémorielle liée à l’assassinat du premier président soit au cœur de l’agenda national de réconciliation.

