Lomé : Un colloque international sur la valorisation des savoirs endogènes face aux changements climatiques

Un colloque international consacré à la valorisation des savoirs endogènes africains dans la lutte contre les changements climatiques et environnementaux a débuté ce lundi à Lomé. L’objectif est d’analyser ces pratiques millénaires pour contribuer efficacement à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD), à cinq ans de l’échéance fixée. L’ouverture des travaux a été assurée par le ministre de la Culture, du Tourisme et des Arts.

Les changements climatiques et la dégradation de l’environnement figurent parmi les plus grands défis contemporains, en particulier sur le continent africain. Face à l’ampleur croissante des impacts, qui hypothèquent fortement la réalisation des ODD malgré les moyens consentis par les États, il devient urgent de repenser les modèles de réponse. Ce colloque entend précisément apporter une contribution en ce sens.
Longtemps marginalisés, relégués au second plan et parfois jugés archaïques, les savoirs endogènes constituent pourtant une ressource stratégique inestimable. Développés depuis des siècles par les communautés africaines, ils reposent sur une observation fine des milieux naturels et une relation intime entre l’homme et son environnement. Ces pratiques anciennes peuvent alimenter les approches modernes pour renforcer l’adaptation et la préservation face au défi climatique.
Le président du comité d’organisation Prof Komi Kossi-Titrikou, a rappelé que cette thématique, bien que non nouvelle, reste plus que jamais d’actualité. Dès 1994, le philosophe béninois Paulin Hountondji publiait « Les savoirs endogènes. Pistes pour une recherche », ouvrant la voie à une réflexion épistémologique majeure. Depuis, de nombreuses rencontres scientifiques et politiques se sont tenues à travers l’Afrique, comme le séminaire sous-régional organisé en 2019 par le ministère de l’Environnement du Togo avec l’ISESCO, sur le thème « Valorisation des savoirs endogènes en Afrique ». Aujourd’hui encore, la multiplication des appellations (savoirs locaux, traditionnels, autochtones, vernaculaires) interroge. Ce colloque offre ainsi l’occasion de faire le point et de clarifier les enjeux.
Le ministre du tourisme, de la culture et des arts Isaac TCHIAKPE qui a ouvert les travaux a salué la tenue de tenue de cette rencontre dans la capitale togolaise.
« Pendant longtemps, les savoirs endogènes ont été marginalisés et relayés au second plan, parfois perçus à tort comme archaïques ou incompatibles avec la modernité… Mais si l’Occident a prospéré, c’est parce qu’il a pu développer ce qu’on appelle un anthropocentrisme… Il est donc important que nos communautés africaines, qui ont développé depuis des siècles des mécanismes d’adaptation, de préservation et de régulation de l’environnement, retournent vers les bonnes pratiques de ce que nos anciens nous ont enseigné », a-t-il mentionné.

