
Interpellé dans le cadre du démantèlement d’un réseau de trafic d’armes et de drogues à Agou-Nyogbo, A. Akiza, 60 ans, mécanicien dans une société aéroportuaire, assure avoir confié à K. Komi deux pistolets qu’il dit avoir découverts… en allant faire ses besoins en brousse il y a quatre ans.

C’est une histoire que seul un mécanicien de 60 ans pourrait raconter avec un sérieux imperturbable. Le 26 février 2026, dans les locaux de la Police nationale, A. Akiza a livré sa version des faits concernant les deux armes de poing saisies la veille lors d’une opération coup de poing menée entre 4 heures et 4 heures 30 du matin à AGOU-NYOGBO (P/AGOU).
L’affaire aurait pu être un simple fait divers de plus. La veille, les forces de l’ordre avaient interpellé K. Komi, 49 ans, maçon de métier et principal cerveau présumé d’un trafic d’armes et de drogues. Selon le rapport de la Police nationale, il tentait de fuir par derrière son domicile à la vue des agents. Avec lui, A. Komi, 27 ans, et K. Kokou, 25 ans, étaient également arrêtés.
La perquisition de leur domicile avait alors révélé un arsenal surprenant : un revolver de marque Reck Cobra de fabrication allemande (calibre 4,5 mm), un pistolet automatique Uma SP50 de fabrication anglaise (calibre 4,5 mm), deux fusils de chasse artisanaux, 80 cartouches (dont une consommée), 127 billes, cinq pains de cannabis, 34 joints et deux petites boîtes de graines de cannabis.
Mais ce qui devait retenir l’attention des enquêteurs, c’est l’origine de deux des armes les plus sophistiquées : le revolver allemand et le pistolet anglais, d’où la piste A. Akiza.

Entendu le lendemain de l’interpellation, le mécanicien a reconnu avoir remis ces deux armes à K. Komi pour qu’il les garde. Selon ses déclarations, il les aurait trouvées il y a quatre ans en brousse, alors qu’il s’y était rendu… pour faire ses besoins.
Cette version, pour le moins surprenante, soulève aujourd’hui plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Que faisait exactement le mécanicien dans cette brousse ? Pourquoi conserver ces armes pendant quatre ans sans les déclarer ? Et surtout, quel lien existe-t-il réellement entre cet homme et le présumé cerveau du trafic ?
Les premières auditions indiquent que les mis en cause s’approvisionnent essentiellement au Ghana voisin. K. Komi, maçon avec des passages réguliers de l’autre côté de la frontière, est présenté comme le principal organisateur du réseau. Mais l’implication du mécanicien de SINOCAR pourrait révéler des ramifications insoupçonnées.
Les enquêteurs promettent que les auditions à venir dévoileront « toutes les connexions du réseau qui vient d’être démantelé ». En attendant, A. Akiza, K. Komi et les deux autres suspects seront présentés au procureur de la République pour répondre de leurs actes.



