Cas de disparitions au Togo : 63 mineurs retrouvés, les enquêtes se poursuivent

A la suite des premiers résultats de la commission spéciale d’enquête suite aux cas de disparition, le gouvernement a tenu ce vendredi un point d’information.

MIXX PARFAIT

Pendant des semaines, les rumeurs d’enlèvements d’enfants ont semé la terreur dans les familles, alimentées par des messages angoissants circulant à toute vitesse sur WhatsApp et Facebook. Ce vendredi 13 mars, le gouvernement a mis fin au suspense. En effet, sur 102 cas signalés, 86 personnes ont été retrouvées. Et dans l’immense majorité des situations, il s’agit de fugues ou de conflits familiaux, certainement pas d’un quelconque réseau criminel.

Avant article_world_cola

Devant les journalistes, les ministres de la communication, Yawa Kouigan, de la sécurité, Col Calixte Madjoulba, des droits de l’homme, Me Pacôme Adjourouvi et de l’administration territoriale, Col Hodabalo Awaté se relaient pour livrer ce que le premier appelle un ‘’point d’étape transparent et documenté ». Un mois après la création d’une commission spéciale d’enquête, les chiffres tombent, implacables.

102 cas de disparitions inquiétantes ont été recensés entre le 1er décembre 2025 et le 31 décembre 2026, dont 74 cas d’enlèvement présumé. 86 personnes ont été retrouvées vivantes, soit 84,32 % des signalements. Parmi elles, 63 mineurs (25 garçons et 38 filles) et 23 majeurs. Seize personnes font toujours l’objet de recherches actives.

Mais au-delà des chiffres, c’est la nature même du phénomène que le gouvernement a voulu déconstruire. Car la carte des signalements dit l’essentiel : 88 % des cas ont été enregistrés dans le Grand Lomé.

« Aucun élément ne permet d’établir l’existence d’un réseau criminel »

Pour l’heure, les enquêtes n’ont pas permis d’établir l’existence d’un réseau criminel d’enlèvement de mineurs.  

« Le Grand Lomé concentre naturellement plusieurs facteurs : densité démographique, tension sociale, exposition accrue au numérique, mobilité importante, fragilité familiale plus difficile qu’en milieu rural. À ce stade, aucun élément ne permet d’établir l’existence d’un réseau d’enlèvement de personnes, surtout dans la capitale », a expliqué le ministre de la justice et des droits humains.

Les réseaux sociaux ont inévitablement aggravé la situation. Une situation qui ont, dans plusieurs cas, amplifié la peur et la diffusion des informations non vérifiées. Ils peuvent être utiles pour alerter sur des drames, mais ils ne peuvent pas se substituer aux enquêtes.

Les causes identifiées sont bien plus prosaïques, notamment les fugues liées à des tensions familiales, départs volontaires, insuffisance d’encadrement parental, situations de vulnérabilité sociale ou individuelle.

Mais les autorités n’ont pas caché leur agacement face à ce qu’elles considèrent comme une psychose injustifiée.

« Toute publication, diffusion ou composition de fausses nouvelles de nature à troubler la paix publique est punie par la loi », prévient le ministre Adjourouvi, citant l’article 497 du Code pénal et l’article 153 du Code de la presse.

Le gouvernement annonce également un renforcement de l’implication des autorités locales, des collectivités territoriales, des unités communautaires et des chefferies traditionnelles à travers des actions de sensibilisations.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.