JO Paris 2024 : quelles chances pour l’Afrique ?

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Paris accueillera les Jeux olympiques du 26 juillet au 11 août 2024. L’Afrique sera représentée dans la majorité des disciplines, avec de bonnes chances de médailles, notamment en athlétisme et en natation.

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Il est encore trop tôt pour connaître la liste définitive des athlètes qui participeront aux jeux Olympiques de Paris. Certaines épreuves de qualification auront lieu dans les semaines qui précéderont l’ouverture de cette compétition sportive – la plus suivie de la planète avec la Coupe du monde de football –, et il faudra encore patienter pour connaître l’intégralité des heureuses et heureux élus. Mais à sept mois de l’événement, il est déjà possible de se faire une idée assez précise des chances africaines.

En 2021 à Tokyo, l’Afrique avait récolté 37 médailles (11 en or, 12 en argent et 14 en bronze). Le Kenya s’était octroyé la plus grosse part du gâteau avec 10 médailles (4 en or, 4 en argent et 2 en bronze), essentiellement grâce aux performances de ses athlètes en athlétisme. C’est d’ailleurs dans cette discipline aux multiples épreuves (course, marche, sauts, lancers et épreuves combinées) que les perspectives africaines seront les plus élevées. Ce fût le cas à Tokyo et ce le sera encore à Paris.

L’athlétisme, le maillon fort

Trois kényanes pourront légitimement viser le podium, et accessoirement la plus haute marche. Il s’agit de Mary Moraa, Faith Kipyegon et Peres Jepchirchir. La première, qui aura 24 ans au mois de juin prochain, est une spécialiste du 800 mètres. Présente à Tokyo, elle s’est révélée un an plus tard, en décrochant le bronze aux Championnats du monde à Eugène (États-Unis). Depuis, elle n’a cessé de confirmer et a décroché le titre mondial à Budapest (Hongrie) en août 2023. La deuxième (29 ans) est une véritable star mondiale du 1500 mètres, comme le prouvent ses deux titres olympiques (2016 et 2021) et mondiaux (2023), mais aussi du 5 000 mètres, épreuve où elle a remporté l’or à Budapest. Enfin, la troisième (30 ans) est une des meilleures spécialistes mondiales du marathon, dont elle est également championne olympique en titre.

L’Ougandaise Peruth Chemutai est devenue une gloire nationale en offrant à son pays la première médaille d’or olympique de son histoire à Tokyo sur 3000 m steeple. Même si ses récentes performances ont été un peu moins flamboyantes, elle reste une candidate sérieuse au podium.

Les ambitions d’Ons Jabeur

Mais toutes les ambitions africaines ne résident pas seulement dans l’athlétisme. Comment ne pas évoquer le tennis et la Tunisienne Ons Jabeur (29 ans), 6e joueuse mondiale au 15 décembre ? Elle a réussi plusieurs performances de haut vol en 2022 et 2023, atteignant la finale de Wimbledon en 2022 et 2023 et celle de l’US Open en 2023, et en remportant quelques tournois. La joueuse a également une revanche à prendre sur l’olympisme, puisqu’elle n’a jamais réussi à franchir le premier tour lors de ses trois précédentes participations (2012, 2016 et 2021).

Parmi les autres prétendantes à un podium, on trouve la nageuse sud-africaine Tatjana Schoenmaker (25 ans), médaillée d’or en 200  m brasse à Tokyo (la première pour une sportive originaire de la nation arc-en-ciel), et qui a confirmé sa performance olympique un an plus tard dans un autre bassin japonais, celui de Fukuoka, lors des Championnats du monde. La lutteuse nigériane Blessing Oborududu (34 ans), reine d’Afrique depuis 2010 dans la catégorie des moins de 68 kilos, et qui avait atteint la finale en 2021, pour finalement se contenter d’une très belle médaille d’argent, sera logiquement candidate à l’or à Paris.

 

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Candidats au podium

Chez les hommes, c’est également en athlétisme que les perspectives semblent les plus nombreuses, notamment du côté de l’Afrique de l’Est. À 39 ans, le Kenyan Eliud Kipchoge, trois fois champion olympique du marathon (2008, 2016 et 2021), s’est mis en tête d’aller chercher un quatrième titre à Paris, et sa récente victoire au marathon de Berlin donne une raison de prendre son objectif très au sérieux. Toujours sur longue distance (10 000 mètres), le champion olympique en titre, l’Éthiopien Selemon Barega (23 ans), malgré ses récentes performances un peu moins brillantes, sera un candidat au podium. Le Kenyan Emmanuel Korir (28 ans), champion olympique en 2021, qui domine depuis plus de cinq ans sur le double tour de piste, sera le principal favori à sa propre succession.

 

Mais il n’y a pas que l’Afrique de l’Est qui propose des athlètes de haut niveau en course de fond ou demi-fond. Le Maroc peut en témoigner avec Soufiane El-Bakkali (bientôt 28 ans). Depuis son titre olympique il y a deux ans sur 3000 mètres steeple, où il avait mis fin à l’hégémonie kényane dans cette catégorie, il n’a cessé de performer à chaque rendez-vous international. Le Marocain a remporté les deux derniers Championnats du monde ainsi que la prestigieuse Ligue de diamant en 2022, et tout semble indiquer que sa domination pourrait s’étirer au moins jusqu’à Paris. Il conviendra de suivre également le Botswanais Letsile Tebogo (20 ans), champion d’Afrique à Saint-Pierre (Île Maurice) sur 200 m en 2022, vice-champion du monde en 2023 à Budapest sur 100 m et 3e sur 200 m.

 

Premier médaillé burkinabè de l’histoire

L’Afrique de l’Ouest misera beaucoup sur Hugues-Fabrice Zango (30 ans), qui était devenu à Tokyo, en obtenant le bronze, le premier médaillé burkinabé de l’histoire lors de l’épreuve du triple saut, avec un bond de 17,47 m. Une performance dans la lignée de celles que le natif de Ouagadougou avait l’habitude de réaliser un peu partout dans le monde. Depuis sa médaille olympique, Hugues Zango est devenu champion du monde à Budapest au mois d’août dernier, et il sera bien évidemment un des favoris pour la plus haute marche du podium parisien.

 

Le Tunisien Ahmed Hafnaoui (21 ans) était devenu à Tokyo champion olympique sur 400 mètres nages libre, à seulement 19 ans, alors qu’il n’était considéré au mieux que comme un outsider. Mais le jeune Nord-Africain est du genre polyvalent, mais surtout endurant, puisqu’il est devenu en 2023 champion du monde sur 800 m et 1500 m. Hafnaoui espère égaler son compatriote Oussama Mellouli, deux fois champion olympique en 2008 à Pékin (1500 m nage libre) et en 2012 à Londres sur 10 000 m nage libre.

 

Il conviendra également de suivre avec attention les performances de la sélection du Soudan du Sud de basketball, dont ce sera la première apparition à ce niveau grâce à son bon parcours lors de la dernière Coupe du monde en août dernier, ou bien celles de l’équipe de football du Maroc, portée notamment par le brillant Abde Ezzalzouli, formé au FC Barcelone et désormais joueur du Betis Séville. Le Mali et l’Égypte participeront également au tournoi de football masculin. La fédération égyptienne espère convaincre la star mondiale Mohamed Salah (Liverpool) d’y participer.

 

 

Source : Jeune Afrique

 

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